Les taux des crédits immobiliers repartent à la hausse depuis 2026. Pourquoi cette tendance pourrait se poursuivre et quelles conséquences pour les acheteurs et les vendeurs ?
Après un point haut fin 2023 à 4,23%, les taux d'intéret ont baissé jusqu'en juin 2025 pour atteindre les 3,1% puis sont légèrement remontés jusqu'à 3,3% fin aout 2026. Les taux actuellement proposés par les banques restent éloignés des sommets de 2023, mais la hausse du coût de financement des établissements pourrait entraîner de nouveaux ajustements dès cet automne.
Pour les acheteurs, ces quelques dixièmes de point peuvent modifier sensiblement le budget. Pour les vendeurs, ils peuvent changer la capacité des candidats à financer leur offre. En tout cas une hausse des taux d'intéret se traduit toujours par une stabilisation ou une baisse des prix.
Ce mouvement de hausse s'observe déjà dans les prêts effectivement accordés. Selon le tableau de bord d’août 2026 de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, leur taux moyen toutes durées confondues s’est établi à 3,31 %, hors assurance et coût des garanties. Il était resté à 3,23 % de février à juin. La progression est donc encore modérée, mais elle marque la fin de plusieurs mois de stabilité.
Les chiffres de septembre publiés par les courtiers donnent une image plus récente du marché avec des taux qui ont déjà commencé leur remontée. CAFPI indique avoir obtenu pour ses clients des taux moyens de 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans.
Ces données ne sont pas directement comparables à la moyenne de Crédit Logement/CSA, qui porte sur l’ensemble des durées et sur les crédits accordés en août. Elles confirment néanmoins que les conditions de financement se tendent.
| Source et période | Taux | Périmètre |
|---|---|---|
| Crédit Logement/CSA, août 2026 | 3,31 % | Moyenne des crédits accordés, toutes durées confondues |
| CAFPI, septembre 2026 | 3,43 % | Moyenne obtenue par ses clients sur 20 ans |
| 3,53 % | Moyenne obtenue par ses clients sur 25 ans |
Les taux présentés sont hors assurance.
Le principal facteur de hausse se trouve sur le marché de la dette qui est très sensible aux tensions géopolitiques et aux risques inflationnistes mais également à la confiance des marchés dans la capacité de la France à se désendetter.
Les banques tiennent compte, entre autres éléments, des taux auxquels elles peuvent se financer à long terme pour établir leurs offres de crédit immobilier. Lorsque le rendement de l’obligation française à dix ans, appelée OAT 10 ans, augmente durablement, elles disposent de moins de marge pour maintenir des prêts à taux fixe peu coûteux.
Selon Le Monde, dans un article publié le 23 septembre 2026, le rendement de cette obligation est passé d’environ 3,6 % fin mai à plus de 4 % fin juillet, puis atteignait 4,3 % début septembre. Un article des Échos publié le 21 septembre rapporte un franchissement ponctuel de 4,5 % le 15 septembre. Les tensions inflationnistes et les décisions de la Banque centrale européenne ajoutent à la pression exercée sur les conditions de financement.
La hausse des taux obligataires ne se transmet toutefois pas immédiatement ni dans les mêmes proportions aux crédits immobiliers. Jusqu’ici, des banques ont accepté de réduire leurs marges pour continuer à financer des projets et attirer de nouveaux clients. Leur politique commerciale explique pourquoi deux emprunteurs, ou deux établissements, peuvent encore obtenir des conditions différentes.
Plusieurs professionnels l’envisagent, mais leurs prévisions ne portent pas toutes sur le même indicateur.
« Il est possible que les taux sur vingt ans atteignent 4 % à la fin de l’année 2026. »
Dans l’article des Échos publié le 21 septembre 2026, Artémis Courtage évoque pour sa part la possibilité de taux atteignant 4 % en moyenne d’ici janvier 2027, toutes durées considérées.
La suite dépendra notamment de la durée des tensions sur les marchés obligataires, de l’évolution de l’inflation et des choix des banques. Une nouvelle hausse paraît probable ; son ampleur et son calendrier restent incertains.
L’effet d’une hausse peut sembler limité lorsqu’elle est exprimée en points de pourcentage. Il devient plus concret sur la mensualité et sur le coût total d’un prêt.
Pour 250 000 € empruntés sur 20 ans, à taux fixe et à capital identique, voici ce que donneraient trois niveaux de taux :
| Taux annuel | Mensualité | Intérêts sur 20 ans |
|---|---|---|
| 3,43 % | 1 441 € | 95 822 € |
| 3,70 % | 1 476 € | 104 174 € |
| 4,00 % | 1 515 € | 113 588 € |
Simulation Imkiz à échéances mensuelles constantes, montants arrondis, hors assurance, garanties et frais. Les taux de 3,70 % et 4 % sont des hypothèses de calcul, pas des prévisions.
Entre 3,43 % et 4 %, la différence atteint environ 74 € par mois et 17 800 € d’intérêts sur vingt ans. Pour un ménage dont la mensualité maximale est déjà atteinte, la conséquence peut être une baisse du montant empruntable, donc du budget d’achat.
Cela ne signifie pas qu’attendre sera nécessairement défavorable. Si le prix d’un bien baisse suffisamment, ou si l’acheteur peut augmenter son apport, le bilan peut rester favorable. C'est le coût global de l’opération, et non sur le seul taux du crédit qui importe.
Une remontée des taux peut réduire le nombre d’acheteurs capables de financer un bien à un prix donné. Elle peut aussi conduire ceux qui restent sur le marché à négocier davantage, afin de conserver une mensualité compatible avec leur budget.
L’effet ne sera pas identique partout. Il dépendra de l’offre de biens, de la demande locale, des caractéristiques du logement et de son prix de présentation. Un bien correctement positionné peut continuer à susciter des offres, même dans un marché du crédit moins favorable.
Pour un propriétaire qui envisage de vendre, deux points méritent une attention particulière : fonder le prix demandé sur des ventes comparables récentes et apprécier la solidité du financement des acquéreurs. Le montant inscrit sur une offre n’est qu’une partie de l’équation ; la capacité à obtenir le crédit nécessaire compte tout autant.
À la rentrée 2026, la remontée des taux est une réalité mesurable. Son prolongement jusqu’à la fin de l’année est probable, mais le niveau de 4 % demeure une hypothèse même si elle semble réaliste. Pour les acheteurs, l’enjeu est de connaître leur capacité de financement actuelle et de comparer les offres. Pour les vendeurs, il est de proposer un prix en phase avec le marché et avec les budgets que les acquéreurs peuvent effectivement mobiliser.
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Les simulations de mensualités et d’intérêts sont des calculs Imkiz ; elles ne représentent pas des offres de prêt.
CAFPI indique avoir obtenu pour ses clients un taux moyen de 3,43 % sur 20 ans en septembre 2026, hors assurance. Le dernier taux moyen publié par l’Observatoire Crédit Logement/CSA est de 3,31 % en août, toutes durées confondues. Les deux chiffres correspondent à des périodes et à des périmètres différents.
Les taux immobiliers vont-ils atteindre 4 % fin 2026 ?C’est une possibilité, pas une certitude. Certains professionnels évoquent un taux de 4 % sur vingt ans dès la fin de 2026 ; une autre prévision situe une moyenne proche de ce niveau autour de janvier 2027. Ces scénarios dépendront notamment de l’évolution des taux obligataires et des décisions des banques.
Pourquoi une hausse de l’OAT 10 ans peut-elle influer sur les crédits immobiliers ?L’OAT 10 ans est un indicateur des conditions de financement à long terme en France. Lorsqu’elle augmente durablement, les banques peuvent être conduites à relever les taux de leurs nouveaux crédits pour préserver l’équilibre de leur activité. La répercussion n’est toutefois ni automatique ni immédiate.
Combien coûte une hausse du taux de 3,43 % à 4 % ?Pour 250 000 € empruntés sur 20 ans, la mensualité passerait d’environ 1 441 € à 1 515 €, soit 74 € supplémentaires par mois. Le surcoût d’intérêts serait d’environ 17 800 € sur toute la durée du prêt, hors assurance et frais.
Faut-il acheter avant la fin de 2026 ?La perspective d’une hausse des taux peut inciter à faire avancer un projet déjà mûr, mais elle ne suffit pas à justifier un achat précipité. Il faut comparer le prix du bien, le financement réellement proposé, l’apport nécessaire et les éventuels travaux. Une négociation sur le prix peut parfois peser davantage que quelques dixièmes de point sur le taux.
La hausse des taux va-t-elle faire baisser les prix immobiliers ?Elle peut limiter le budget d’une partie des acheteurs et accroître la pression à la négociation. Elle ne provoque pas mécaniquement une baisse générale des prix : l’évolution dépend aussi de l’offre et de la demande propres à chaque marché local. En revanche, en période de hausse des taux d'intéret, il est pratiquement impossible d'envisager une hausse des prix.
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