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DPE 2026 : ce qui change pour les vendeurs et comment anticiper

DPE 2026 : ce qui change pour les vendeurs et comment anticiper

Longtemps considéré comme une formalité administrative, le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu en quelques années un critère central d'une vente immobilière. Son rôle ne cesse de s’amplifier. Interdictions progressives de mise en location, durcissement des exigences réglementaires, évolution des méthodes de calcul, attentes accrues des acheteurs : pour les vendeurs, le DPE est désormais un facteur déterminant de valeur, de négociation et de délais de vente.

Dans un marché immobilier déjà contraint par des taux d’intérêt plus élevé que ceux de la décennie précédente et une solvabilité fragilisée, les évolutions du DPE constituent un nouveau filtre. Vendre en 2026 sans anticiper l’impact énergétique de son bien, c’est prendre le risque de voir son logement décoté, négocié agressivement, voire écarté par une partie des acquéreurs.

Alors, que change réellement le DPE en 2026 pour les vendeurs ? Quelles sont les évolutions réglementaires déjà actées ? Et surtout, comment anticiper pour vendre dans de bonnes conditions ?

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Le DPE : d’un simple diagnostic à un outil structurant du marché

Depuis sa réforme de 2021, le DPE n’est plus seulement informatif. Il est devenu :

  • Opposable juridiquement, engageant la responsabilité du vendeur
  • Standardisé, avec une méthode de calcul unique
  • Lisible, grâce à l’étiquette énergie-climat de A à G

Cette transformation a profondément modifié la perception des acheteurs. En 2026, le DPE est souvent consulté avant même la visite. Il influence :

  • La décision de se déplacer
  • Le budget travaux envisagé
  • La capacité de financement du projet
  • La négociation finale

Autrement dit, le DPE ne décrit plus seulement un logement : il conditionne sa liquidité sur le marché.

2026 : une année charnière dans le calendrier réglementaire

Contrairement à une idée répandue, 2026 n’introduit pas une nouvelle réforme importante du DPE. En revanche, elle s’inscrit dans un calendrier progressif de restrictions énergétiques, dont les effets deviennent pleinement visibles sur le marché de la vente.

Les passoires énergétiques déjà dans le viseur

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location, ceux classés F le seront à partir de 2028. Cette interdiction a deux conséquences majeures sur le marché de la vente :

  • Une arrivée accrue de biens énergivores sur le marché
  • Une pression à la baisse sur les prix de ces logements

En 2026, cette dynamique s’amplifie, car les propriétaires bailleurs anticipent déjà l’échéance suivante : l’interdiction des logements classés F à partir de 2028.

Même si ces interdictions ne concernent pas directement la vente, elles modifient profondément la structure de la demande. Un logement classé F ou G est désormais perçu comme un bien à risque réglementaire.

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La modification du calcul de l’électricité : un impact durable

Un changement majeur, souvent mal compris, a été introduit en 2026 : la révision du coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE.

Depuis 2024, ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9, améliorant mécaniquement la note des logements chauffés à l’électricité. Cette évolution s'explique par l'évolution de la part du nucléaire dans la production d'électricité qui rend cette énergie moins carbonnée.

Cette évolution a permis à de nombreux biens de :

  • Sortir de la catégorie des passoires énergétiques
  • Passer de F à E, voire de E à D

En 2026, cette modification est pleinement intégrée par les acheteurs, mais elle n’annule pas toutes les fragilités. Les logements électriques anciens, mal isolés, restent pénalisés par :

  • Une consommation réelle élevée
  • Des charges énergétiques peu maîtrisées
  • Des travaux souvent indispensables à moyen terme

Pour les vendeurs, le message est clair : une amélioration de l’étiquette ne suffit pas toujours à rassurer un acheteur averti.

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Le DPE comme facteur de négociation de plus en plus puissant

En 2026, le DPE est devenu l’un des principaux leviers de négociation lors d’une vente immobilière.

Des décotes désormais bien identifiées

Les études de marché et les pratiques professionnelles convergent :
- Un logement classé F ou G subit une décote significative
- Les biens classés E commencent à être négociés plus fermement
- Les logements D, C ou mieux bénéficient d’un avantage concurrentiel clair

Cette décote ne repose pas uniquement sur la consommation énergétique actuelle, mais sur le coût anticipé des travaux et sur le risque réglementaire futur.

Une négociation plus rationnelle

Les acheteurs ne se contentent plus d’un argument esthétique ou émotionnel. Ils raisonnent en termes de :

  • Budget global (achat + travaux + énergie)
  • Capacité d’emprunt impactée par les charges
  • Valeur de revente à moyen terme

Le DPE devient ainsi un outil de projection financière, bien au-delà de sa fonction initiale.

Vendre un logement mal classé en 2026 : est-ce encore possible ?

La réponse est oui, mais pas à n’importe quelles conditions.

La vente reste possible, mais plus exigeante

Aucune réglementation n’interdit la vente d’un logement classé F ou G. En revanche, le marché impose ses propres règles :

  • Prix ajusté dès la mise en vente
  • Transparence totale sur l’état énergétique
  • Acceptation d’une cible d’acheteurs plus restreinte

En 2026, les acquéreurs de logements énergivores sont majoritairement :

  • Des investisseurs opportunistes
  • Des acheteurs disposant d’un budget travaux
  • Des profils capables de se projeter dans une rénovation globale

Le risque d’allongement des délais

Un bien mal classé, affiché à un prix déconnecté de sa performance énergétique, risque de rester durablement sur le marché. Or, un délai de vente trop long alimente la suspicion et renforce la négociation à la baisse.

Faut-il rénover avant de vendre ? Une question stratégique

La rénovation énergétique avant la vente n’est ni systématiquement obligatoire, ni toujours rentable. Elle doit être analysée au cas par cas.

Quand les travaux sont pertinents

Engager des travaux avant la vente peut être judicieux si :

  • Le gain de classe énergétique est significatif (F → D, par exemple)
  • Les travaux sont ciblés (isolation, chauffage, ventilation)
  • Le marché local valorise fortement les biens performants

Dans ces cas, la rénovation permet :

  • De réduire la décote
  • D’élargir la cible d’acheteurs
  • De raccourcir les délais de vente

Quand il vaut mieux vendre en l’état

À l’inverse, dans certains contextes, il est préférable de :

  • Vendre avec un DPE défavorable
  • Ajuster le prix en conséquence
  • Laisser l’acheteur piloter son projet de rénovation

C’est souvent le cas lorsque :

  • Les travaux sont lourds et coûteux
  • Le vendeur n’a pas la capacité financière d’investir
  • Le marché est suffisamment dynamique

Le DPE et la responsabilité du vendeur

Depuis que le DPE est opposable, le vendeur engage sa responsabilité sur la fiabilité des informations fournies. En 2026, cette dimension juridique est pleinement intégrée par les professionnels.

Un DPE erroné, approximatif ou réalisé sans cohérence avec l’état réel du bien peut :

  • Donner lieu à une renégociation post-compromis
  • Engendrer un contentieux
  • Fragiliser la vente

Il est donc essentiel de :

  • Faire réaliser le DPE par un diagnostiqueur certifié
  • Fournir des documents précis (factures, descriptifs techniques)
  • Anticiper toute incohérence visible pour l’acheteur

Comment anticiper efficacement le DPE en 2026 ?

Pour les vendeurs, l’anticipation est la clé.

1. Connaître son DPE le plus tôt possible

Ne pas attendre la mise en vente pour découvrir son classement permet de :

  • Ajuster la stratégie
  • Étudier des scénarios de travaux
  • Éviter une mauvaise surprise commerciale

2. Réaliser un audit énergétique si nécessaire

Pour les logements F ou G, l’audit énergétique devient un outil précieux pour :

  • Chiffrer précisément les travaux
  • Rassurer l’acheteur
  • Structurer la négociation

Pour information, l'audit énergétique est obligatoire pour les biens ayant un DPE E, F ou G dès lors qu'il y a un propriétaire unique (maison individuelle, copropriété avec un propriétaire unique,...)

3. Adapter le prix à la réalité énergétique

Un prix cohérent avec le DPE est aujourd’hui un facteur de fluidité du marché.

4. Valoriser les points positifs

Un DPE moyen n’empêche pas de valoriser :

  • Une bonne isolation partielle
  • Un système de chauffage récent
  • Un potentiel d’amélioration clair

Conclusion : en 2026, le DPE un élément clé

Le DPE n’est plus un simple indicateur parmi d’autres. En 2026, il est devenu un élément structurant de la valeur immobilière, au même titre que la localisation ou la surface.

Pour les vendeurs, l’enjeu n’est pas seulement de respecter la réglementation, mais de comprendre les attentes d’un marché profondément transformé. Anticiper son DPE, l’assumer et l’intégrer dans une stratégie de vente cohérente est désormais indispensable pour vendre dans de bonnes conditions.

Dans un environnement immobilier plus rationnel, plus sélectif et plus exigeant, le DPE est devenu un révélateur : non pas de la qualité d’un logement, mais de la capacité d’un vendeur à s’adapter aux nouvelles règles du jeu.

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